Accueil › Blog › TMS : les chiffres clés et les statistiques en France

Les chiffres des TMS circulent beaucoup et se périment vite. Cette page rassemble les données publiques disponibles, avec pour chacune sa source et son année de référence, afin qu’un préventeur puisse les citer sans risque dans un comité de pilotage ou dans un support interne. Elle indique aussi, ce qui est plus rare, les chiffres souvent repris ailleurs qu’il vaut mieux ne pas utiliser faute de source fiable.
La part des TMS dans les maladies professionnelles
Deux formulations coexistent et il faut savoir laquelle employer. Le rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie Risques professionnels, publié en novembre 2025, permet de dire que les TMS représentent près de 90 % des maladies professionnelles reconnues en France. L’INRS, sur sa page de référence consacrée aux TMS mise à jour le 27 mars 2025, retient une formulation plus prudente et parle de plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues. La première est plus récente, la seconde est plus facilement vérifiable en ligne.
Le choix dépend de l’usage. Pour un support interne ou une présentation en comité, la formulation près de 90 % avec mention du rapport annuel 2024 et de sa date de publication est à la fois exacte et parlante. Pour un document qui sera relu par un juriste ou un auditeur, la formulation de l’INRS présente l’avantage d’être adossée à une page publique consultable immédiatement. Dans les deux cas, la source et l’année de référence doivent figurer à côté du chiffre, faute de quoi il perd toute valeur probante.
Une précision d’honnêteté s’impose sur un point. Le chiffre de 89,4 %, que l’on rencontre parfois, provient d’une reprise secondaire du rapport et n’est pas confirmé à la décimale par une source primaire accessible. La formulation près de 90 % est en revanche cohérente avec l’ensemble des reprises disponibles. Il est plus solide de citer un ordre de grandeur exact qu’une décimale invérifiable, surtout dans un document destiné à circuler.
Le détail par tableau de maladie professionnelle
Les TMS ne forment pas une catégorie administrative unique. Ils se répartissent entre plusieurs tableaux de maladies professionnelles du régime général, et les volumes annuels diffèrent fortement d’un tableau à l’autre. Cette répartition est utile pour deux raisons. Elle permet de comprendre quelles atteintes sont réellement reconnues et lesquelles restent marginales dans les statistiques, et elle aide à anticiper ce qui pèsera sur le compte employeur si une déclaration aboutit dans l’établissement.
- Tableau 57, affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail : environ 40 000 reconnaissances par an selon l’INRS, un niveau stabilisé depuis 2012.
- Tableau 69, affections provoquées par les vibrations et chocs transmis par certaines machines et outils : de l’ordre de 100 cas par an.
- Tableau 79, lésions chroniques du ménisque : de l’ordre de 600 cas par an.
- Tableaux 97 et 98, atteintes du rachis lombaire liées aux vibrations et à la manutention de charges lourdes.
Ce que cette répartition signifie
Le tableau 57 concentre à lui seul l’écrasante majorité des reconnaissances, ce qui explique qu’il serve souvent de synonyme aux TMS dans les échanges professionnels. La stabilité de ce volume depuis 2012 ne signifie pas que le risque diminue. Elle indique qu’un plateau s’est installé, alors même que l’automatisation a progressé dans plusieurs secteurs. Les conditions de reconnaissance, les délais de prise en charge et le taux de sous-déclaration influencent ces chiffres autant que l’évolution réelle de l’exposition.
Le coût pour l’entreprise
L’INRS publie deux ordres de grandeur qui restent les plus cités sur le sujet, avec 2021 comme année de référence. Les TMS y représentent plus de 11 millions de journées de travail perdues et 1 milliard d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises. Ces deux chiffres méritent d’être mentionnés avec leur année, car ils sont souvent repris sans date et donnent alors l’impression d’être actuels. Ils décrivent un ordre de grandeur robuste, pas une photographie de l’exercice en cours.
Ces montants ne représentent que la partie directement mesurée. Ils ne comprennent ni le coût du remplacement d’un salarié absent, ni celui de la désorganisation d’une équipe, ni celui du recrutement et de la montée en compétence d’un remplaçant, ni les conséquences d’une restriction d’aptitude durable sur l’organisation d’un atelier. Les entreprises qui ont tenté d’évaluer ces coûts indirects trouvent régulièrement des montants supérieurs aux coûts directs, mais ces calculs sont internes et ne se prêtent pas à une statistique nationale.
Un autre indicateur permet de mesurer la pression financière globale sur les entreprises. Le rapport annuel 2024 fait état de 4,9 milliards d’euros d’indemnités journalières versées au titre des risques professionnels, en hausse de 10,8 % sur un an. Ce montant couvre l’ensemble des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles, pas les seuls TMS. Il donne la tendance du poste de dépense sur lequel une démarche de prévention efficace produit ses effets les plus visibles.
La sinistralité 2024 pour situer les TMS
Les TMS se lisent mieux replacés dans l’ensemble de la sinistralité professionnelle française. Le rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie Risques professionnels décrit une branche couvrant 20,8 millions de salariés, avec 549 614 accidents du travail en baisse de 1,1 %, un indice de fréquence de 26,4 accidents pour 1 000 salariés, 94 654 accidents de trajet et 764 décès liés à des accidents du travail. Ce sont les repères à avoir en tête avant toute comparaison sectorielle.
Du côté des maladies professionnelles, le rapport recense 50 598 reconnaissances, en hausse de 6,7 % sur un an. Cette progression contraste avec la baisse du nombre d’accidents du travail et illustre une caractéristique propre aux pathologies d’usure. Un accident se produit et se compte le jour même, une maladie professionnelle se construit sur plusieurs années et se déclare longtemps après l’exposition. Les chiffres de maladies professionnelles d’une année donnée reflètent donc des conditions de travail parfois anciennes de cinq ou dix ans.
Cette distinction a une conséquence directe sur le pilotage. Une entreprise qui engage une démarche TMS ambitieuse ne verra pas sa courbe de maladies professionnelles s’infléchir dans l’année. Elle verra en revanche évoluer plus rapidement des indicateurs intermédiaires : plaintes remontées, restrictions d’aptitude, absentéisme court sur les postes concernés, nombre de situations de manutention supprimées. Piloter une démarche TMS avec les seules statistiques de reconnaissance revient à conduire en ne regardant que le rétroviseur.
La manutention manuelle, première cause d’accident du travail
Les données du ministère du Travail, reprenant un rapport de la Direction générale du travail sur les chiffres 2020, donnent une répartition des causes qui n’a guère bougé depuis. Sur 589 833 accidents du travail déclarés cette année là, la manutention manuelle en représentait 50 %, les chutes de plain-pied et de hauteur 29 %, l’outillage à main 9 %, le risque routier 3 %, les autres risques 9 %. Sur les 550 décès par accident du travail recensés en 2020, 18 % étaient liés à la manutention manuelle.
Cette répartition est confirmée par une seconde source officielle. Le bilan publié par ameli.fr pour l’année 2019 attribuait déjà 50 % des accidents du travail aux manutentions manuelles et 8 % au maniement d’outils, les chutes de hauteur ou de plain-pied représentant 28 %. La stabilité de ces proportions sur plusieurs exercices renforce leur valeur de citation. Elle indique aussi que les progrès obtenus sur d’autres risques n’ont pas déplacé la manutention de sa première place.
Le rapprochement avec les chiffres des TMS donne tout son sens à ces proportions. Les mêmes situations de travail produisent, selon les cas, un accident brutal et déclaré immédiatement ou une atteinte progressive reconnue des années plus tard. Traiter séparément la prévention des accidents de manutention et la prévention des TMS conduit à analyser deux fois les mêmes postes, avec deux budgets, deux plans d’action et souvent deux pilotes différents qui ne partagent pas leurs constats.
Les chiffres qu’il vaut mieux ne pas citer
Une page de statistiques gagne autant à dire ce qu’elle ne sait pas qu’à empiler des données. Trois chiffres très répandus sur le sujet ne reposent sur aucune source publique vérifiable, et les reprendre expose à être contredit au moment le plus gênant, c’est à dire devant une direction ou un comité social et économique. Il est plus solide de les écarter et d’expliquer pourquoi, quitte à défendre ensuite un raisonnement sans support chiffré.
- Les pourcentages d’augmentation des TMS liés au télétravail : aucune étude française officielle ne les établit, les chiffres qui circulent proviennent de sources commerciales.
- Le nombre de salariés français concernés par le travail sur écran : l’INRS ne publie pas cette donnée, et les volumes avancés ailleurs ne sont pas sourcés.
- La décimale de 89,4 % pour la part des TMS dans les maladies professionnelles : elle provient d’une reprise secondaire et la formulation près de 90 % est plus sûre.
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Questions fréquentes
Quel pourcentage des maladies professionnelles les TMS représentent-ils ?
Près de 90 % des maladies professionnelles reconnues en France selon le rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie Risques professionnels, publié en novembre 2025. L’INRS retient une formulation plus prudente et parle de plus de 80 %. Les deux chiffres décrivent la même réalité : les TMS dominent très largement la reconnaissance en maladie professionnelle.
Combien de TMS sont reconnus chaque année en France ?
L’INRS recense environ 40 000 reconnaissances par an au titre du seul tableau 57, qui couvre les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. Ce niveau est stabilisé depuis 2012. Les autres tableaux pèsent beaucoup moins, avec de l’ordre de 100 cas par an pour le tableau 69 et 600 cas pour le tableau 79.
Combien coûtent les TMS aux entreprises ?
L’INRS retient, pour l’année de référence 2021, plus de 11 millions de journées de travail perdues et 1 milliard d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises. Ces montants ne comprennent ni le coût du remplacement, ni celui de la désorganisation, ni celui de la perte de compétence liée au départ d’un salarié expérimenté.
Quelle part des accidents du travail vient de la manutention manuelle ?
Environ la moitié. Les données du ministère du Travail pour 2020 attribuent 50 % des accidents du travail déclarés à la manutention manuelle, devant les chutes de plain-pied et de hauteur avec 29 %. Le bilan ameli.fr de 2019 donnait la même proportion, ce qui témoigne de la stabilité de cette répartition dans le temps.
Où trouver les chiffres officiels des TMS et comment les citer ?
Deux sources primaires suffisent. Les pages TMS de l’INRS pour les volumes par tableau, les journées perdues et les coûts, avec leur année de référence. Le rapport annuel de l’Assurance Maladie Risques professionnels pour la sinistralité annuelle. Toute citation doit mentionner la source et l’année de référence, sans quoi le chiffre perd sa valeur devant un auditeur.
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Sources
- INRS, TMS, statistiques
- INRS, TMS, ce qu’il faut retenir
- Assurance Maladie, rapport annuel 2024 Risques professionnels
- Ministère du Travail, chiffres clés de la santé et de la sécurité au travail
- ameli.fr, bilan 2019 des accidents du travail par secteur et type de risques
- INRS, travail sur écran, réglementation et normes